La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

25 avril 2017 accueil Accueil >  Le dernier numéro  > Congrès de la Cnaoc à Avignon : face aux menaces de dérégulation, les vignerons se mobilisent
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Le dernier numéro

Article publié le 18 juin 2014

Parution du mois

Congrès de la Cnaoc à Avignon : face aux menaces de dérégulation, les vignerons se mobilisent

Autorisations de plantation, ouverture du « . vin » et du « . wine », accord UE-USA… la viticulture a dénoncé plusieurs risques de dérégulation du secteur lors du congrès annuel de la Cnaoc à Avignon, les 10 et 11 avril. Aux niveaux européen, national et aussi international, les risques sont biens réels. Face à cela, deux mots d’ordre  : unité et mobilisation.

« Nous ne sommes pas à l’abri d’un retour à des positions de démantèlement des régulations des plantations  !  ». Ce n’est pas un professionnel viticole qui l’affirme mais Astrid Lulling, députée européenne et présidente de l’Intergroupe vin du Parlement. Malgré la sauvegarde d’un système de régulation de plantations dans la réforme de la PAC, les professionnels craignent que le projet d’acte délégué, qui précise les modalités de mise en œuvre de ce nouveau système, ne porte à nouveau «  les germes d’une libéralisation du secteur » et débouche « sur une situation de déséquilibre de nombreuses AOC » comme prévient Bernard Farges, président de la Cnaoc. L’ensemble de la viticulture d’appellation a donc profité du congrès de la Cnaoc, qui a eu lieu les 10 et 11 avril à Avignon, pour tirer la sonnette d’alarme.

Autour du thème « quels défis en viticulture pour le prochain Parlement européen  ?  », plusieurs députés européens, représentants d’associations d’élus, décideurs du monde viticole et journalistes ont débattu des menaces de dérégulation qui planent sur le secteur viticole. Au niveau européen, des inquiétudes persistent. Outre le projet d’acte délégué, une autre crainte inquiète, celle d’une nouvelle réforme du secteur par la prochaine Commission, qui déboucherait sur une libéralisation plus importante du secteur.

Une menace à prendre au sérieux, d’autant plus que Dacian Ciolos, l’actuel commissaire à l’agriculture, qui porte une oreille attentive aux arguments des producteurs européens, ne sera peut-être plus là. « Nous avons eu de la chance avec Dacian Ciolos, mais nous ne savons pas s’il sera reconduit en novembre prochain avec la nouvelle Commission », préviennent Michel Dantin, député européen rapporteur de l’OCM unique et Françoise Grossetête, également députée européenne, tous deux candidats aux prochaines élections.

Unité et mobilisation

Au niveau international, ce sont les Indications Géographiques (IG) qui sont menacées. Sur Internet, tout d’abord, l’ouverture des nouveaux noms de domaine de second niveau « . vin » et « . wine  » sans aucune garantie de protection pour les appellations d’origine par l’Icann, la société californienne en charge de la régulation de l’Internet, met en péril l’avenir des signes de qualité. «  C’est une menace grave pour les noms et la qualité des produits », s’est exclamé François Patriat, président de l’Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV), et par ailleurs, sénateur et président de la région Bourgogne. L’issue de ce dossier pourrait également conditionner le sort réservé aux IG dans les négociations de l’accord de libre échange Union européenne-États-Unis. «  Si l’Europe veut obtenir des résultats sur le plan sanitaire, elle devra faire des concessions vis-à-vis des États-Unis, notamment sur la question des IG », assure François-Xavier Simon, journaliste à Agra Presse à Bruxelles. Face à ces inquiétudes, les mots d’ordre ont été simples  : unité et mobilisation. Thierry Coste, président du Copa-Cogeca [1] l’a rappelé. «  Il est essentiel que les États membres et les professionnels se montrent clairement unis pour porter leurs propositions », notamment concernant le projet d’acte délégué. Au niveau national, l’unité est aussi de mise. Lors de l’assemblée générale de la Cnaoc qui s’est déroulée quelques heures auparavant, les professionnels ont fait le point sur les débats nationaux.

L’unité des vignerons d’appellation lors des discussions sur le projet de loi d’avenir agricole a permis d’obtenir des résultats significatifs en première lecture (droit d’opposition, mesures environnementales) mais le véritable bilan ne pourra se faire qu’à l’adoption définitive du texte.
Concernant le prochain projet de loi de santé publique, c’est toute la filière qui devra être unie si elle veut éviter un encadrement plus strict de la publicité sur Internet pour les boissons alcoolisées ou un grossissement du logo femme enceinte.

En conclusion de ce congrès, Bernard Farges et Philippe Pellaton, secrétaire général de la Cnaoc et hôte du congrès en tant que président du Syndicat des vignerons des Côtes-Du-Rhône, ont rendu hommage à Astrid Lulling, qui quittera le Parlement européen après les élections.


[1] Copa-Cogeca  : comité des organisations professionnelles agricoles

Jean-Benoît Kremer, Cnaoc

Haut de page