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Le dernier numéro

Article publié le 6 décembre 2013

Parution du mois

Changement climatique : quelles incidences sur les vignobles ?

L’Europe du Nord et l’Amérique du Nord sont-ils amenés à devenir les futurs grands bassins de production de vins ? D’ici 2050, le changement climatique entraînera de profondes mutations sur les vignobles du monde entier. C’est ce que laisse penser une étude menée par Lee Hannah, chercheur de l’ONG Conservation International. Décryptage.

Selon l’étude, certaines régions du globe pourraient voir les surfaces productives de vin diminuer de 25 %, à 73 % dans le pire des cas. A l’inverse, de nouvelles régions vont devenir plus productives, comme par exemple la Nouvelle-Zélande. En France, la Bourgogne, la Vallée de la Loire, l’Alsace et la Champagne seraient a priori plus épargnées que le sud de la France, qui connaîtra prochainement de profonds bouleversements.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évalue, depuis 1988, les risques liés au changement climatique d’origine humaine : hausse des températures moyennes de l’atmosphère (de 0,3 à 4,8 °C d’ici 2100), hausse du niveau moyen de la mer, et intensification du nombre d’épisodes météorologiques extrêmes. Vraisemblablement, la vigne ne sera pas moins épargnée… Entre les épisodes de grêle et les violents orages, cette année, en Vouvray, Entre-deux-Mers, en Champagne, ou encore en Côtes-du-Rhône, et la sécheresse observée ces dernières années, en Alsace, Bourgogne et Bordelais, les pertes de récoltes deviennent de plus en plus récurrentes et importantes. Effets néfastes du changement climatique ?

On constate depuis une trentaine d’années, les impacts de l’évolution climatique sur la vigne : tendance à la précocité des stades phénologiques, avancement des dates de vendanges (estimées à 21 jours entre 1975 et 2010), accumulation des sucres et diminution de l’acidité, accentuation du stress hydrique, ou encore développement des maladies, virus et parasites de la vigne. Cependant, l’évolution de la pression sanitaire est difficilement mesurable en raison de la complexité de l’écosystème et de la résistance des cépages, d’autant qu’il a été observé des effets inverses d’inhibition par la température sur des maladies comme le mildiou. Des phénomènes sur le vin sont constatés comme la modification du profil aromatique et l’augmentation du degré alcoolique. En Champagne, la maturité moyenne à la vendange a gagné 0,8% vol. d’alcool supplémentaire en une trentaine d’années.


Des solutions envisagées

Quelles solutions pour la filière ? Certaines stratégies d’adaptation reconnues par les scientifiques pourront permettre d’atténuer les effets du changement climatique telle qu’une meilleure gestion de l’eau ou une adaptation des modes de conduite de la vigne (orientation et densité de plantation, taille, etc.). Néanmoins, si le réchauffement s’intensifie, des solutions radicales pourront être envisagées comme la plantation de nouvelles variétés plus résistantes ou encore le déplacement des zones de production.

Au XIIe siècle, la vigne était largement cultivée dans le sud de l’Angleterre. Aujourd’hui, on compte près de 130 ha de vignes plantées dans cette région et les vignobles du Sussex produisent un vin effervescent à partir des mêmes cépages qu’en Champagne et sur un sol et un sous-sol crayeux proches… Doit-on craindre l’essor d’un vignoble concurrent ?

Modifier les pratiques viti-vinicoles peut aussi avoir des impacts importants sur la typicité des vins. La modification des pratiques œnologiques comme la désalcoolisation peut alors sembler plus simple à mettre en œuvre. Mais le sujet est encore loin de faire l’unanimité chez les professionnels. Quoi qu’il en soit, le changement climatique va aboutir à des évolutions culturelles marquées. Les viticulteurs devront progressivement adapter leur conduite technique, mais, passé un certain seuil, le vignoble pourra-t-il s’adapter à ces changements environnementaux ?

PROGRAMMES ET PROJETS INTERNATIONAUX
En Europe et en France :
- Le projet Innovine (INRA) réunit plus de 100 chercheurs en viticulture et en œnologie.
- Le projet Laccave (INRA) est une approche multidisciplinaire pour étudier les impacts du changement climatique et les voies d’adaptation à long terme de la viticulture et la production de vin en France.
- Le projet Leonardo da Vinci (IFV) a mis en place une formation gratuite sur internet : www.eviticlimate.eu Elle vise à former des enseignants et des formateurs sur les questions liées au changement climatique et sur les différentes techniques viticoles pour aider les producteurs à s’adapter.

En Champagne :
- Le bilan carbone et le plan climat de la filière Champagne réalisés en 2003 : 16 programmes de recherche et une cinquantaine d’actions déjà réalisées, en cours ou programmées.
Morgane Jourjon

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