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Le dernier numéro

Article publié le 10 septembre 2014

Parution du mois

Aÿ : deux lettres qui font pétiller la Champagne

Classé à 100 % grand cru, le terroir d’Aÿ est l’un des plus prestigieux de l’appellation Champagne. Son histoire l’est tout autant, marquée par des événements et des personnages marquants. Une commune en deux lettres… de noblesse pour le monde viticole champenois.

Elle se situe dans le hit-parade des communes les plus connues de la Champagne viticole. Grâce à la qualité de son terroir, à celle de ses vins, à son histoire, ses personnages illustres, son patrimoine architectural. Mais pas seulement ! Aÿ, avec ses 4 313 habitants, peut s’enorgueillir d’être l’une des collectivités locales les plus dynamiques de l’appellation, celle où les idées germent et éclosent vite dans la tête de ses élus, de ses administrés, des vignerons et des négociants qui forment une grande famille. Il y a un incontestable élan dans ce village qui ne s’endort pas sur ses lauriers comme en témoigne la multitude d’initiatives conduites en matière de valorisation du champagne, de culture ou de tourisme. Comme Is et Eu, la ville est bénie des cruciverbistes même si l’existence du tréma, sur le Y, fait toujours débat…

Aÿ est une commune emblématique du monde champenois. Elle s’étend des bords de la Marne jusqu’aux flancs sud de la montagne de Reims, compte 300 hectares de forêts profondes, mais surtout 362 hectares de vignes classées 100 % grand cru. La quasi majorité des grandes maisons de négoce possède des vignes sur le territoire de la commune où sont implantées des marques prestigieuses, des structures coopératives très importantes et des récoltants-manipulants réputés qui se réunissent tous les ans pour déguster leurs vins clairs.
Àÿ accueille aussi La Villa Bissinger (Institut international des vins de Champagne) qui est un espace d’accueil, de recherches, d’études, de conférences et d’initiation à la dégustation.

Théâtre des grandes révoltes vigneronnes, en 1911, Aÿ est devenue une terre d’union, de fédération, de créativité comme en témoignent l’ouverture récente de la cité-champagne Collet-Cogevi (la plus ancienne coopérative de Champagne, créée en 1921), l’ouverture d’un espace d’exposition rue Jeanson et le projet de transformation des anciens pressoirs Pommery, rachetés par la collectivité, en espace muséographique et d’interprétation sensorielle sur le vin des rois, dont Henri IV (voir encadré) fut l’un des plus grands ambassadeurs. Une opération portée par la communauté de communes de la grande vallée de la Marne, présidée par Dominique Lévèque, qui vient d’entamer son cinquième mandat en tant que maire de la commune.

L’histoire d’Aÿ n’est pas figée dans le temps. Bien au contraire ! « Notre commune compte de grandes figures qui n’ont pas toutes un lien avec le champagne », souligne René Goutorbe, responsable de la section locale du SGV. La cité a vu naître René Lalique, le général Béchet de Rochefontaine, qui a intégré l’armée américaine en qualité d’aide de camp du général Georges Washington et de Rochambeau, commandant des troupes françaises. Il est inhumé au cimetière Saint-Paul à New York. Une autre figure illustre mais moins connue des Agéens  : Émile Lamm, chirurgien-dentiste durant quelques années à Aÿ où il est né en 1834. Lui aussi a conquis l’Amérique en mettant au point, contre toute attente, de nouvelles techniques pour améliorer le fonctionnement des locomotives des tramways de la ville de la Nouvelle-Orléans. Des personnages exceptionnels qui attestent de l’effervescence des Agéens qui continuent de faire pétiller leurs méninges. Comme Pierre Cheval, président de l’association Paysages du Champagne, chargée de porter la candidature de la région au Patrimoine mondial de l’Unesco.
« La cité s’attache à la diversité du développement économique », commente Dominique Lévèque, par ailleurs conseiller général de la Marne et président du Parc régional naturel de la montagne de Reims. Surmontant ses échecs, comme la fermeture de la PTPM (une entreprise spécialisée dans la confection d’accessoires automobiles), la ville a décidé de faire du site un lieu d’accueil d’entreprises connexes au champagne dont une pépinière baptisée La Citadelle et qui accueille plusieurs start-up.

La commune s’attache, en outre, à valoriser son patrimoine dont ses petites rues comme la rue Nitot joliment mise en lumière par le concepteur Jean-Jacques Fremaux.
Les voyages forment la jeunesse. Les jumelages aussi. Aÿ en entretient de très étroits avec Besigheim en Allemagne, Sinagula en Italie, Quaregnon en Belgique, Newton Abbot en Angleterre, ou Lena en Afrique. « Nous vivons au présent autour d’un vin exceptionnel et dans un paysage de toute beauté », commente René Goutorbe qui aime faire découvrir les coteaux dominant la ville et surplombant notamment la magnifique église Saint-Brice.

DES FÊTES HENRI IV COURONNÉES DE SUCCÈS
Plusieurs milliers de visiteurs parcourent, tous les deux ans, les rues d’Aÿ, à l’occasion des Fêtes Henri IV qui mobilisent de nombreux Agéens de toute génération, plusieurs associations, les représentants des villes jumelées avec Aÿ, les vignerons et les maisons qui ouvrent leur cour dans une ambiance conviviale.
On chante, on danse, on défile lors de ce week-end qui permet de créer des animations humoristiques et décalées autour du bon roi Henri IV, qui appréciait tant les vins d’Aÿ qui ne s’appelaient pas encore champagne.
Premier Bourbon roi de France, Henri IV, comme François Ier, aimait venir dans la cité agéenne où il menait douce vie. Lors du week-end du 5 et 6 juillet dernier, la fantaisie a régné tout au long du défilé de chars confectionnés par une compagnie artistique de Nîmes avec le concours des habitants. Le ciel a su rester clément avec les organisateurs qui songent déjà à la prochaine édition de ces festivités qui s’inscrivent désormais dans les traditions champenoises.
Jean Batilliet

En images


  • Fête Henri IV


  • Fête Henri IV - Défilé


  • René Goutorbe


  • vignes


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