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Le dernier numéro

Article publié le 8 mai 2013

Parution du mois

Assemblée générale de printemps du SGV

Vendredi 5  avril. Salle des fêtes, Épernay. Environ 800 vignerons se sont rassemblés pour écouter leurs représentants sur l’avenir de la filière et du vignoble. En 2012, le SGV s’est, en effet, engagé dans deux démarches de réflexion stratégique : le projet Champagne 2030 et le Projet Vignoble.

Même si, dans une France en crise, la Champagne reste relativement épargnée par rapport à d’autres filières, elle subit des évolutions qui, peu à peu, en transforment la physionomie. Telle a été l’introduction de la table ronde sur l’avenir de la filière et du vignoble, organisée par le SGV lors de son assemblée générale de printemps. «  La prospérité de la Champagne et de nos exploitations s’est construite sur un modèle qu’il faut réajuster  », a déclaré Emmanuel Mannoury, membre du Bureau du SGV. Une réflexion stratégique est engagée, au sein du CIVC, sous le nom Champagne 2030. Une démarche qui doit contribuer à renouer un dialogue dynamique et constructif entre vignoble et négociants, autour d’une vision partagée des enjeux de l’appellation.

Un état des lieux a alors établi que la filière dispose d’immenses atouts, parmi lesquels une réussite économique et sociale, des groupes de niveau mondial et des marques connues dans le monde entier, une image exceptionnelle, un processus d’élaboration et des règles de production de référence, une organisation performante, et une appellation défendue avec succès. « Il ne s’agit pas pour autant de nous endormir sur nos lauriers  », a ponctué Antoine Chiquet, membre du Bureau. En effet, l’étude d’Eurogroup Consulting, en charge du projet, met en évidence des questionnements structurels inquiétants pour l’avenir.

Le premier est celui des limites de l’appellation. Comme l’a précisé Maxime Toubart, vice-président du SGV pour la Marne, «   aujourd’hui, il reste très peu de terres à planter. Dans quelques années, la nouvelle délimitation devrait ramener du potentiel de production, mais il y aura forcément une nouvelle limite, puisque la nature d’une AOC est d’être circonscrite sur un terroir délimité.  » Par ailleurs, le développement en volume de la Champagne trouvera ses limites.

L’étude met en évidence qu’il n’y a pas d’autre voie que de continuer à se développer. L’une des issues est alors de proposer un modèle de croissance en valeur. Cela impliquera d’investir dans des projets d’image et de valorisation. Si la filière ne s’engage pas dans ce chemin de croissance, elle devra faire face à deux risques majeurs. D’une part, la généralisation de stratégies de captation de valeur au sein de l’appellation avec, par exemple, au négoce, l’allongement des durées de contrat et d’acquisition de foncier, et la concentration, et au vignoble, le morcellement des exploitations.
Le deuxième risque serait une accélération de la bipolarisation de la filière. Une Champagne à deux vitesses avec des champagnes vendus « banalisés » et, d’autres, haut de gamme.

Parallèlement, le SGV a engagé une démarche stratégique sur les enjeux spécifiques du vignoble, avec l’appui de l’agence de consulting, Booz et Company. Celle-ci a présenté un état des lieux inquiétant : les piliers des équilibres interprofessionnels sont fragilisés, ou en voie de l’être. En effet, depuis quelques années, notamment depuis la crise, le vignoble voit ses parts de marché reculer au profit du négoce.

Le coupable : le prix du foncier

Un deuxième pilier des équilibres, celui de la maîtrise de la matière première, est également menacé. «  Le coupable est le prix du foncier   », a déclaré Joël Falmet, vice-président du SGV pour l’Aube.
Ce prix est totalement déconnecté de la réalité économique. La terre à vigne est désormais devenue spéculative. Le rapport de force interprofessionnel peut également être remis en cause par la concentration du négoce et par le développement de l’individualisme. «   On voit se multiplier les contrats de vente déconnectés du contrat interprofessionnel  », a précisé Joël Falmet.

Toutefois, le vignoble possède un atout fort, et non des moindres, l’appellation Champagne. Pourtant, depuis de nombreuses années, les investissements de communication se font essentiellement sur les marques. «  En France ou à l’étranger, la communication sur l’appellation Champagne reste très discrète, faute d’investissements. Nous devons redynamiser l’image de notre appellation par des actions de valorisation fortes  !   » a annoncé Rémi Durand, secrétaire général.
Deux grands objectifs sont à atteindre pour les années à venir :
– donner du contenu à l’appellation (qualité, valorisation, image) ;
– veiller à préserver les équilibres entre les négociants et le vignoble.

La réflexion Champagne 2030 a commencé à aborder l’étape essentielle du travail sur les plans d’actions opérationnelles. Trois axes de travail prioritaires ont été identifiés au niveau interprofessionnel  : la valorisation de l’appellation, la qualité, le respect de l’authenticité et la fluidification de la matière.
Trois groupes, composés de représentants du vignoble et du le négoce, ont été créés. Leurs propositions seront présentées, cette année, aux conseils d’administration du SGV et de l’UMC, avant d’être soumis au Bureau exécutif du CIVC pour validation et mise en œuvre.
« Tout ce travail d’état des lieux, de réflexion, de négociation et de construction peut paraître très long. Mais on ne refera pas la Champagne en trois mois. Il faut se donner le temps de la réflexion », a conclu Emmanuel Mannoury.


Informations compl�mentaires :

© Jean-Charles Gutner

En images


  • De g. à d. : Maxime Toubart, Antoine Chiquet, Rémi Durand, Joël Falmet, Emmanuel Mannoury.


  • Pascal Férat, président et Alain d’Anselme, directeur du SGV.


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