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Le dernier numéro

Article publié le 30 octobre 2010

Parution du mois

Assemblée générale de la Commission des Viticultrices

Le 7  septembre, à l’occasion de son assemblée générale, la Commission des Viticultrices proposait de revenir sur l’histoire de la bouteille de champagne et de s’interroger sur ses défis à venir.

«   Un produit unique comme le champagne ne devrait-il pas se doter d’une bouteille tout aussi unique  ?   ».
Le 7 septembre, dans le cadre de son assemblée générale, la Commission des Viticultrices de la Champagne avait choisi de faire de cette question le point d’orgue de l’après-midi, avec une proposition  : une bouteille griffée «  Champagne  ».

«  Une bouteille griffée est une bouteille qui porte un signe particulier lui permettant d’être facilement reconnaissable et identifiable   », explique Marie-France Baillette, administratrice de la CVC. «  Le champagne est un produit unique et exceptionnel. Sa bouteille, par contre, est loin de l’être. Qui, à l’œil, est capable de faire la différence entre nos bouteilles et les bouteilles utilisées par les producteurs de vins effervescents ou de cidre, pourtant plus légères  ?  ». Illustration à l’appui, la salle répond  : «  personne  !  ». La question se pose donc  : «  est-ce qu’il ne serait pas opportun de faire de la bouteille un véritable outil de différenciation et de valorisation  ?  ».

La problématique est posée et le débat est lancé. Pour aller plus loin, les administratrices de la CVC ont demandé à des graphistes de leur soumettre des propositions visuelles répondant à une contrainte  : «  il faut que le mot champagne soit inscrit de manière subtile et pratique dans le verre, afin que chacun puisse continuer à utiliser ses habillages sans difficulté  », précise Marie-France Baillette. Dans la salle, les réactions sont partagées  : certains, enthousiastes, encouragent les viticultrices à poursuivre sur cette voie, tandis que d’autres, plus sceptiques, n’y voient pas une priorité ni même un enjeu pour l’appellation.
Ce chantier, les viticultrices l’affirment, il leur est cher  : «  l’image du champagne, unique et exceptionnelle, est également fragile. Cette image, nous devons donc la préserver, l’entretenir, la faire progresser par tous les moyens possibles et imaginables. Et, sans aucune prétention, nous pensons que la bouteille peut apporter sa contribution à cette entreprise. Nous entendons d’ailleurs continuer à explorer cette piste de différenciation et nous vous tiendrons informés des suites données à ce projet  », explique la présidente, Sophie Signolle.

Anticiper les changements

Il faut dire, comme l’expose d’ailleurs Chantal Lambert-Fessard, administratrice de la CVC, que la bouteille de champagne a toujours su «  s’adapter et anticiper les changements de nos sociétés   ». L’actualité en est la meilleure preuve avec l’adoption par l’interprofession de la bouteille allégée comme nouveau standard, le 16  mars dernier  : «  aujourd’hui, nous le savons tous, le défi est environnemental et la bouteille entend apporter sa pierre au champagne, comme elle l’a d’ailleurs toujours fait  ».

Car, c’est indéniable, c’est bien la bouteille qui a permis au champagne de devenir champagne. Christine Lavisse, également membre de la commission, en fait la démonstration en début d’assemblée avec une présentation magistrale de l’histoire de la bouteille. De ses origines anglaises à ses dernières évolutions techniques (poids, hauteur, forme), c’est bien la champenoise qui a permis aux Champenois d’apprivoiser l’effervescence. Même si cela ne fut pas sans problème  : «   très fréquemment, au cours de la fermentation, les bouteilles étaient incapables de supporter la pression croissante du gaz carbonique. Cela causait beaucoup de casse, jusqu’à 50 % du tirage pouvaient être perdus. Voici ce qu’on peut lire dans les notes d’un négociant  : en 1946, j’ai tiré 6 000 bouteilles, je n’ai eu que 120 bouteilles de reste   », conte Christine Lavisse. Au cours de la période allant de 1830 à 1925, 82 brevets d’invention sont déposés, permettant progressivement de limiter les pertes. « Cette casse maîtrisée permit l’expansion de la diffusion du champagne », poursuit l’intervenante.

En résumé, pour reprendre les propos de Sophie Signolle : « sans la bouteille, le champagne ne serait pas ». Mais si les défis passés ont été nombreux, les défis à venir ne semblent pas moins importants. Outre celle de l’image, les viticultrices avaient choisi de profiter de ce moment pour s’attarder sur la problématique non moins fondamentale de l’avenir des capsules représentatives de droit (CRD). «  Les CRD ont, depuis maintenant près de 50 ans, prouvé leur efficacité, explique Corinne Sélosse (administratrice CVC). Elles constituent aujourd’hui un outil de traçabilité efficace dans la lutte contre la fraude et la contrefaçon. En outre, elles sont en elles-mêmes une simplification puisqu’elles dispensent d’avoir à établir un document d’accompagnement pour chaque mouvement  ». Mais, poursuit Mme  Sélosse, «   on parle depuis plusieurs années, dans le cadre notamment de la dématérialisation des titres de mouvement, de l’éventualité de la disparition des CRD  », éventualité d’ailleurs confirmée par Pascal Férat, président du SGV, en conclusion de l’assemblée  : «  à terme, les CRD vont disparaître. Ce n’est plus une hypothèse ou une probabilité, c’est une certitude   ».

Des pistes explorées

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la CVC souhaitait évoquer le sujet dans le cadre de son assemblée. Car, si une réflexion a d’ores et déjà été entreprise au sein du CIVC et du SGV pour imaginer un système alternatif, rien n’est à ce jour opérationnel. «  Des pistes sont aujourd’hui explorées sur lesquelles je ne peux m’étendre davantage, explique Pascal Férat. L’idée est, pourquoi pas, d’essayer de créer un outil qui pourrait remplacer la CRD sur le marché national et également être fonctionnel à l’export. Mais aujourd’hui, nous avons besoin de temps pour nous doter d’un nouveau système compétitif  ».

Au terme de cet après-midi, un mot revenait sur toutes les lèvres  : «  intéressant  !  ». Et encore, d’après Sophie Signolle, la commission aurait pu «  aborder d’autres thématiques, car la question de l’avenir de la bouteille est large. Par exemple, il aurait été possible de parler de l’étiquetage ou du mode de bouchonnage ».

L’activité de la Commission des Viticultrices

Depuis son assemblée générale de 2008, la Commission des Viticultrices a continué à s’investir dans la vie syndicale. Edith Valentin, administratrice de la CVC, en dresse un rapide portrait  : «  toujours portées par notre ouverture aux autres et notre curiosité, nous continuons à organiser régulièrement des formations ou réunions d’information sur des thématiques variées   ». Quelques exemples  : la complémentaire santé, la dématérialisation des titres de mouvement avec le système Gamm@, les retraites ou encore les mauvais goûts du vin. Sans oublier l’Univers du Goût en Champagne, association également présidée par Sophie Signolle au sein de laquelle plusieurs membres de la CVC s’investissent activement. Côté avenir, il y a bien entendu la bouteille griffée «  champagne  », mais également un projet qui répond au nom d’«  entraide  ». L’idée  ? Mettre en place un guide à l’intention des personnes qui, à un moment de leur vie, se retrouvent seules. Quelles sont les formalités auxquelles elles se trouvent alors confrontées  ? Comment se faire aider sur son exploitation  ? «  Nous entendons apporter des réponses à toutes ces questions et à bien d’autres  », explique Mme Valentin. Enfin, la Commission des Viticultrices travaille à la mise en place d’un règlement intérieur visant à asseoir sa légitimité au sein du Syndicat.

Typhen Ferry

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