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Le dernier numéro

Article publié le 20 juillet 2009

Parution du mois

Assemblée de la Fédération des coopératives vinicoles de champagne

Les débats de l’assemblée de la Fédération qui s’est tenue le 29 mai dernier étaient principalement axés sur la conjoncture. Après une analyse de la situation économique, Jocelyne Dravigny, présidente de la FCVC, évoquait les propositions de la Fédération.

La baisse des expéditions fin mars 2009 de l’ordre de – 27 % a marqué par son caractère intense et brutal. Si, pour Jocelyne Dravigny, il est extrêmement difficile d’échafauder des hypothèses de ventes pour l’année 2009, il est indéniable que la crise économique que traverse actuellement la Champagne se trouve aggravée par les niveaux d’appellation élevés des deux dernières années. « Le niveau des récoltes disponibles en 2007 et 2008 correspond respectivement à 398 millions et 385 millions de bouteilles, alors que les ventes de la Champagne en 2009 pourraient se situer à 265 millions de bouteilles ». Ainsi, la Fédération estime que le ratio de stock disponible au 31 juillet 2009 pourrait être proche de quatre années. « Avec des ventes en chute libre et un stock élevé, nous pouvions nous attendre à un déstockage de la part des maisons les plus fragiles, expliquait la présidente. Pourtant les opérations de déstockage à l’initiative de quelques maisons ont ému l’ensemble de la filière. Elles sont arrivées très tôt et surtout les conditions tarifaires ont été particulièrement indignes de notre produit. » Ces opérations de déstockage, génératrices d’une offre sans consommation, ont totalement perturbé le marché du champagne. Autre risque souligné par la Fédération : une dégradation de valeur et donc d’image du produit.

Un plan à trois ans

Face à cette situation économique délicate, les propositions de la Fédération reposent sur un retour aux fondamentaux : déterminer le rendement en fonction des ventes globales de l’année. Jocelyne Dravigny constatait que « les classements basés sur les seuls besoins du négoce montrent actuellement leurs limites : en cas de récession, l’effet de ciseaux entre la baisse des ventes et l’arrivée sur le marché de volumes conséquents, affecte l’image du produit ». Mais pour réguler le stock excédentaire, l’idée d’un plan à trois ans s’impose comme la solution permettant de concilier les intérêts des différents opérateurs. « Compte tenu du niveau de stock actuel élevé, il convient d’envisager une baisse des rendements dès la vendange 2009. Mais afin d’éviter les à-coups préjudiciables au vignoble, la Fédération préconise de maîtriser ce stock sur trois ou quatre vendanges. D’où l’intérêt d’arrêter dès maintenant avec le négoce au sein de l’interprofession une stratégie à moyen terme. » Outre ces débats interprofessionnels, Jocelyne Dravigny évoquait le rôle des coopératives dans ce contexte incertain. « Sur le très court terme, nos coopératives sont des entreprises solides et nos coopérateurs peuvent nous faire confiance. Nous nous inscrivons dans le prolongement de leurs exploitations ce qui fait que tout naturellement nous les accompagnerons au mieux pour traverser cette période difficile. »
Se projetant sur le plus long terme, la présidente rappelait l’intérêt de disposer au sein du vignoble de véritables marques de notoriété. « Nos coopérateurs doivent avoir à l’esprit qu’ils ne sont pas des livreurs de raisins mais des sociétaires à part entière. Ainsi, les bénéfices dégagés par nos marques ne peuvent leur échapper. Le partage de la valeur n’a pas à être négocié, car c’est notre objet légal. »

La coopération : modèle alternatif essentiel

Bernard Mary, ancien directeur de la caisse régionale de Crédit Agricole du Nord Est, était venu présenter les chiffres de l’économie mondiale et ses analyses. « 2009 est une année morte, lançait-il. 2010 verra peut-être une légère reprise de la croissance mais à un niveau beaucoup plus bas que celle que l’on a connu. La Champagne expédiera-t-elle 260 ou 280 millions de bouteilles ? On ne sait pas mais en tout cas cela générera des revenus beaucoup plus bas ! ». L’intervenant a présenté rapidement l’historique de la crise telle qu’elle se présente aujourd’hui, montrant la rapidité et la brutalité avec laquelle elle s’est propagée. Ainsi, les pays développés et émergents ont vu leurs PIB s’effondrer et les perspectives à court terme ne sont pas très rassurantes. Et si ce sont les Etats-Unis et l’Europe qui paient le tribut le plus cher, ils se trouvent être les premiers marchés export du champagne  ! La crise actuelle met en évidence la faillite d’un système, les limites d’une hyperconsommation en place depuis une vingtaine d’années. « Forcément, les consommateurs de demain feront autrement. Mais, les produits de luxe font et feront toujours rêver ». Si l’on devait retenir un effet positif de cette crise mondiale, ce serait peut-être l’ajustement nécessaire qui s’opérera. «  Le potentiel de croissance mondiale se situe dans les pays émergents, lançait Bernard Mary. Et la crise permettra d’assainir certaines économies, notamment d’Europe centrale. » « A travers le monde, poursuivait-il, j’ai constaté que les vins effervescents ont le vent en poupe. Des sparklings émergent un peu partout sur la planète, tout le monde veut en produire ! Or, les Champenois doivent être vigilants car ces vins seront commercialisés à des prix plus bas que le champagne ». Enfin, Bernard Mary insistait sur la nécessaire stratégie que les Champenois doivent mettre en place à court terme  : « c’est le moment ou jamais de bichonner les clients et éviter toute rupture de cash ». Face à cette crise internationale, « le modèle coopératif constitue le meilleur modèle alternatif au tout libéral et à ses dangers. Restez coopérateurs ! »

Alexandrine Legras-Populus

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