La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

22 juillet 2017 accueil Accueil >  Le dernier numéro  > AOC
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Le dernier numéro

Article publié le 2 mars 2015

Parution du mois

AOC

Bien qu’unique et spécifique, le champagne s’insère dans le cadre réglementaire des «  AOP  » et des «  signes de la qualité et de l’origine  ». La filière doit respecter les règles fixées par l’Union européenne et par la France via le Code rural  : les Champenois ne sont donc pas complètement maîtres chez eux. Mais c’est pour la bonne cause. En contrepartie, leur appellation bénéfice d’une protection internationale contre les usurpations et les détournements de notoriété.

La Champagne est l’une des premières appellations d’origine de France. Au terme d’un processus de construction qui s’est échelonné sur plusieurs siècles, le vin pétillant de cette région bénéficiait déjà d’une forte notoriété lorsque, à la fin du XIXe siècle, le juge, saisi par le syndicat du commerce, reconnut que seuls les vins issus de la Champagne pouvaient revendiquer le nom de champagne. Un premier pas vers une grande aventure  : celle de l’appellation d’origine. En 1905, ce sont les vignerons qui se sont emparés du sujet, demandant aux pouvoirs publics de définir les contours précis de la Champagne viticole. La première délimitation date de 1908 et les principes de l’actuelle délimitation ont été fixés en 1927, en même temps que les premières conditions de production. En 1936, l’appellation d’origine Champagne a renoncé à une partie de son autonomie en intégrant le cadre national des AOC (appellations d’origine contrôlée). Un dispositif placé sous l’égide de l’Inao, établissement public réunissant les professionnels et l’administration. Ce fut une première étape vers l’intégration d’un cadre global, un peu moins champeno-champenois.

À cette époque, seuls les vins et les spiritueux pouvaient bénéficier de l’AOC. Puis, dans les années 1990, les produits laitiers et d’autres productions agricoles et agro-alimentaires (fruits et légumes, huile d’olive, viande, miel…) sont entrés à l’Inao. Le modèle viticole s’est alors confronté à la vision et au fonctionnement d’autres filières.
Par ailleurs, l’intégration européenne a généré une harmonisation des règles applicables aux productions agro-alimentaires et aux vins des différents États membres. Aujourd’hui, au niveau communautaire, le champagne s’insère dans la catégorie des AOP (appellation d’origine protégée) et des vins avec indication géographique. Il doit, à ce double titre, respecter le cadre réglementaire fixé par l’Europe pour les productions qui veulent revendiquer un sigle d’origine. Les cahiers des charges des AOP doivent, par exemple, être déposés auprès de la Commission européenne.

Chaque production en appellation d’origine est unique, construite, gérée et contrôlée

En 2006, la réglementation française a étendu les missions de l’Inao à l’ensemble des «  signes de la qualité et de l’origine  » (SIQO)  : une grande famille qui comprend toutes les AOC, mais aussi les IGP (indication géographique protégée), les STG (spécialité traditionnelle garantie), le Label Rouge (qui consacre une qualité supérieure), et l’agriculture biologique. Des signes différents mais qui, néanmoins, s’insèrent dans un cadre harmonisé  :

  • une démarche collective portée par une structure fédérative, l’ODG (organisme de défense et de gestion), qui représente les producteurs (sauf pour l’agriculture biologique qui relève d’une démarche individuelle)  ;
  • un cahier des charges, homologué par décret, qui définit les règles de production, de transformation et de conditionnement pour pouvoir revendiquer le signe ;
  • un contrôle effectué par des organismes de contrôle indépendants (organismes d’inspection ou de certification), dont l’indépendance, l’impartialité et la compétence sont accréditées par le Cofrac [1]   ;
  • l’ensemble du dispositif est supervisé par l’Inao, organisme de tutelle.

Champagne, un mot qui est une publicité à lui tout seul

Ainsi, si chaque production en appellation d’origine est unique, elle est construite, gérée et contrôlée au travers de procédures standardisées.
Pour les Champenois, précurseurs du concept d’appellation d’origine et grands adeptes de l’autogestion, l’administration de leur AOC (ancrée dans son histoire, ses traditions et ses habitudes) dans un système global n’est pas toujours un exercice simple. Ainsi, en 2008, il a fallu  :

  • réviser les statuts du SGV pour que ceux-ci intègrent les missions de l’ODG, et ensuite, prévoir des conventions avec le CIVC pour la réalisation de certaines activités  ;
  • réécrire les règles de production pour les intégrer dans un cahier des charges type, conforme aux attentes européennes  ;
  • créer un organisme de contrôle qui n’existait pas (l’Aidac, association d’inspection des appellations de la Champagne)  ;
  • et découvrir le concept de «  plan d’inspection  », inconnu jusqu’ici dans les AOC viticoles.

Conserver son identité dans un cadre européen  : c’est le challenge à relever. Le jeu en vaut la chandelle, car l’AOC confère le droit de revendiquer pour ses produits une dénomination qui est protégée juridiquement contre les usurpations, à l’échelle internationale. L’AOC, c’est tout simplement le droit d’interdire aux autres d’utiliser un nom qui est rattaché à un territoire et dont l’usage est réservé exclusivement aux producteurs locaux. Quand il s’agit du champagne, ce droit est particulièrement précieux  : une dénomination connue dans le monde entier sans qu’il soit besoin de la traduire et qui, apposée sur une bouteille, lui confère immédiatement une aura un peu spéciale  ; un mot qui est une publicité à lui tout seul. Un tel droit justifie le devoir d’entretenir ce patrimoine, en s’impliquant dans la qualité et en s’imposant le respect de règles définies par la profession sous la tutelle des pouvoirs publics.

UNE RICHESSE POUR LA FRANCE
Porteurs d’image et de valeur ajoutée, créateurs d’activité et d’emplois, les signes de qualité et d’origine constituent un atout pour les producteurs, pour l’économie d’un territoire, ainsi que pour les consommateurs qui ont accès à une grande variété de produits dont l’authenticité et la qualité sont garanties par l’Etat.
En France, on compte plus de 360 AOC de boissons alcoolisées (vins, spiritueux, cidres…), une cinquantaine d’AOC de produits laitiers, 45 AOC d’autres productions agro-alimentaires, 74 IGP viticoles, 120 autres IGP et 400 cahiers des charges produits sous Label Rouge.

- Pour en savoir plus : www.inao.gouv.fr

- Le cahier des charges et le plan d’inspection des AOC Champagne, Coteaux Champenois et Rosé des Riceys sont mis à la disposition des opérateurs sur l’espace extranet professionnels des sites du SGV et du CIVC.

[1] Cofrac  : comité français d’accréditation

Catherine Chamourin

Haut de page