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Le dernier numéro

Article publié le 11 janvier 2012

Parution du mois

70 ans des courtiers

Le 2 novembre dernier, toutes les familles champenoises étaient réunies pour célébrer en toute convivialité les 70 ans du syndicat professionnel des courtiers, ou plutôt du dépôt des statuts de l’association des courtiers et commissionnaires (cf encadré) puisque le Syndicat, lui, date de 1952.

En présence des co-présidents de l’interprofession, du sous-préfet d’Epernay, du maire d’Epernay, de nombreux courtiers s’étaient donc déplacés, dont le plus ancien, Maurice Lesanne, 92 ans. Cette manifestation fut l’occasion de rappeler le rôle du courtier dans le contexte actuel. « Notre métier a beaucoup évolué et il continuera d’évoluer. Mais, nous demeurons des inter-médiateurs entre acheteur et vendeur. Le courtier est en quelque sorte le troisième homme de la filière, le maillon "souple"’, voire même le fusible dans certains cas », ironisait Eric Cossiez. Garants de la bonne fin des contrats, « les courtiers ont à cœur de défendre et de valoriser les intérêts des parties mais aussi de veiller aux équilibres ». Pascal Férat, président du SGV, rappelait quant à lui que la « vision complète du marché fait partie intégrante du métier de courtier ».

Toutefois, pour Eric Cossiez, force est de constater que les équilibres champenois sont particulièrement fragilisés, dans un monde de plus en plus individualiste « où l’intérêt privé prévaut sur les intérêts communs. Vu de notre « perchoir », nous avons l’impression que les deux familles ont du mal à s’entendre aujourd’hui même à s’écouter ». Le président avouait que « les courtiers sont inquiets, je l’imagine, quant à l’avenir de la Champagne. Selon moi, le projet « Champagne 2030 » est une bonne occasion de mettre l’ensemble des acteurs autour de la table. Nous avons besoin de projets communs et d’objectifs fédérateurs pour mobiliser la filière et surtout permettre à la Champagne de garder son rang dans le monde des effervescents ». Ainsi, le président des courtiers transmettait sa volonté de voir préserver une Champagne unie, où le dialogue soit réel, et au sein de laquelle les courtiers continueront de se positionner comme des acteurs incontournables, tout en préservant « leur neutralité et leur impartialité ».

Revenant sur le rôle joué par son prédécesseur, Yves Fourmon, mais aussi par les vice-présidents Jean-Pierre Weydert et Antoine Picard, Eric Cossiez rappelait le travail réalisé il y a quelques années sur l’organisation et les procédures du métier. « Ils ont contribué à l’évolution et à la reconnaissance de notre profession par l’ensemble des acteurs de la filière ». En ce 2 novembre, c’est en tant que président de la fédération nationale des syndicats des courtiers de France qu’Yves Fourmon s’exprimait. Il a ainsi expliqué que ce syndicat regroupe 11 syndicats de courtiers des principales régions viticoles. Au total, cela représente plus de 300 courtiers exerçant leur métier avec des spécificités propres à chaque vignoble. « Devant cette diversité, lorsque mes confrères du bureau national, m’ont demandé d’assurer la présidence, j’ai longuement hésité avant d’accepter. Je craignais que la Champagne, si souvent citée en exemple, mais aussi enviée, soit un peu éloignée des préoccupations d’autres régions viticoles. Entendant souvent dire que les Champenois ont de la chance, j’ai pensé que ma fonction au plan national me permettrait d’expliquer et de convaincre que la chance ne tombe pas du ciel, que la réussite est le résultat d’années de réflexions, d’anticipation et d’écoute du marché », expliquait-il, avant de continuer : « Au cours d’un récent congrès, j’ai dû expliquer à certains journalistes que les courtiers en vins n’avaient rien à voir avec des « traders » qui malheureusement participent, eux, à la dérégulation des marchés financiers internationaux. L’intermédiation effectuée par les courtiers en vins apporte des gages de moralité et une réelle valeur ajoutée aux acteurs du négoce et de la propriété. Comme l’a dit Eric, nous pratiquons un métier très ancien mais aussi très moderne dans des marchés de plus en plus complexes ».

Et Ghislain de Montgolfier, président de l’UMC, de renchérir : « ce qui me frappe dans le métier de courtier, c’est le poids de la parole, qui vient avant la confirmation. Pour moi, la valeur ajoutée du courtier c’est cela : la parole ».

A l’issue de cette réunion, professionnels du champagne, négociants, vignerons et courtiers ont poursuivi leurs échanges autour d’une flûte.

« Un des plus vieux métiers du Monde »

La présence des courtiers est attestée à Reims dès 1323. En 1357, des Lettres Royales de Commissions sont accordées à la profession et en 1572, l’Edit Royal scelle la profession de courtier. Au fil des siècles, le métier de courtier a souvent été malmené. Ainsi, il est supprimé le 8 mai 1791 à la Révolution Française puis rétablit par Napoléon le 15 décembre 1813. 1941, année de la création du CIVC, constitue une étape majeure. Le 1er juin sont créés les statuts de l’association professionnelle des courtiers et commissionnaires de la Champagne. Le 20 août 1946, le CIVC décide du statut des courtiers et commissionnaires et c’est par la loi du 31 décembre 1949 que la profession est régie au niveau national. Dans le même temps, le CIVC rend obligatoire la possession de la carte de courtier (sorte de patente). En 1952, cette association des courtiers devient syndicat professionnel des courtiers en vins de Champagne. 9 ans plus tard, les Maisons demandent aux courtiers de passer un examen d’aptitudes, date à partir de laquelle il faut détenir également l’attestation de plusieurs Maisons pour exercer. Le premier engagement déontologique du courtier en vins de Champagne est signé en 1990. Enfin, la loi du 12 avril 1996 instaure un examen d’aptitudes professionnelles au niveau national.

Nathalie Costa

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